08/07/2015
Conseil du 2 juillet : une date qui n'a pas été choisie au hasard...
Pas par hasard, en effet, puisque cela permet de repousser les mauvaises nouvelles à la rentrée de septembre.
Le point le plus important abordé lors de ce conseil municipal a été la révision des « tarifs de prestation de la réussite éducative ». Des augmentations anormalement élevées, comme on ne l’avait jamais vu, ont été décidées ce soir-là par la majorité municipale : en moyenne de +20 à 25 % sur chaque tarif de l’accueil périscolaire, de la restauration, de l’étude et des jours de centre de loisirs le mercredi et pendant les vacances. On constate même des hausses de 50% environ sur certains tarifs dans la première tranche des quotients, la plus faible.
Nous vous invitons à lire l’article publié le 8 juillet : vous y trouverez l’intégralité des anciens et des nouveaux tarifs. Nous allons revenir ici en détails, sur les échanges qui ont eu lieu pendant le conseil municipal où, comme d’habitude, on n’a présenté aucun tableau détaillé, puisqu’il est impossible d’entrer dans les « détails » comme l’a encore dit l’adjoint aux finances.
- Tout d’abord, le maire, un peu gêné, a essayé de justifier ces augmentations : naturellement, une fois de plus, il en a reporté la faute sur l’Etat qui donne moins aux collectivités. Remarquez que lorsque le maire de Bois d’Arcy baisse les subventions des associations, c’est un signe de meilleure gestion… mais quand l’Etat baisse ses dotations, c’est un scandale.
Voici un extrait de la déclaration du maire : « Il est de plus en plus difficile d’ailleurs de faire des prévisions, et d’ailleurs ça m’embête car j’ai toujours tendance à dire que gouverner c’est prévoir… mais là, avec la situation… et du désengagement… euh… dangereux et honteux - je pèse mes mots- euh… de l’Etat, il est bien difficile de prévoir à moyen terme, je dirais même à court terme… qu’on navigue de plus en plus à vue ».
Effectivement, lors du vote du budget 2015, en avril dernier, les prévisions d’augmentation des tarifs étaient «seulement » de 4%... On voit bien que cette équipe est incapable de prévoir ce qu’elle fera deux mois à l’avance… C’est inquiétant pour le porte-monnaie des familles.
Le maire ajoute que la réforme des rythmes scolaires a coûté « 100 000 euros » à la ville, mais il ne peut citer que la cantine du mercredi pour expliquer cette somme. Il avance même la piscine ou le numérique pour expliquer les dépenses importantes de la ville dans le secteur scolaire. Ce sont donc des erreurs de gestion ? Mais à qui reviennent ces choix ?
- Ensuite le maire a essayé de rassurer, en expliquant que c’était pire ailleurs… il affirme que beaucoup de villes sont dans ce cas mais il ne peut citer que… Saint-Cyr-l’Ecole, où, selon lui, « les tarifs de la cantine et de la garderie vont exploser » avec des « augmentations qui peuvent aussi bien être de 350 et 1000% ». En quoi cela regarde Bois d’Arcy ? La gestion de Saint-Cyr est-elle donc si exemplaire ? Le maire a continué sa démonstration en faisant son mea culpa : l’année dernière « la très grande majorité des familles ont gagné… mais nous nous avons un peu perdu ». Le maire veut dire par là qu’il a mal estimé le résultat du passage des tarifs du forfait au réel : en effet, il semble que beaucoup de parents préfèrent trouver d’autres solutions de garde, ce qui a fait perdre des recettes à la ville.
- Puis retour à la responsabilité de l’Etat : « La critique que je nous fais, c’est que peut-être on a été en-deçà de la dégradation… euh… peut-être plus optimistes que la situation actuelle (…) On a peut-être pas assez… euh, comment dire, on a peut-être pas assez mesuré le danger des finances locales et des collectivités en général. » C’est juste un aveu d’amateurisme.
Mais ce n’est pas fini : « Du coup on se retrouve aujourd’hui coincé. Alors y a toujours deux manières de récupérer fiscalement… financièrement les choses : soit… euh ben on augmente les impôts et dans ce cas-là on fait payer à tous les Arcisiens le désengagement de l’Etat… soit on essaye de jouer à la marge et de rééquilibrer ce qu’on a donné énormément en 2014 et… euh… de ré augmenter une partie de ce que… mais je sais que Michel (NDLR : l’adjoint aux finances) va en parler, il y a des villes qui ont augmenté 200 fois plus que nous ». C’est-à-dire 4000 à 5000% alors ? Quant aux impôts, on le sait, ils vont augmenter quand même, alors que le maire continue de prétendre le contraire.
- La parole est donc donnée à l’adjoint aux finances, qui à son tour s’en prend à l’Etat en communiquant deux chiffres, découverts « au fil de l’eau », selon ses dires, et qui sont censés tout expliquer. Il s’agit tout d’abord d’une baisse de 140 000 € des « droits de mutation ». De quoi s’agit-il ? Eh bien quand une maison est vendue, la ville touche des droits de mutation. Il se trouve qu’il y a eu beaucoup moins de ventes en 2015 par rapport à ce que cet adjoint avait prévu, ce qui fait -140 000 € dans les recettes de la ville. En quoi l’Etat est-il concerné ? Et les familles arcisiennes ?
Le 2ème chiffre donné se rapporte aux recettes de la taxe d’habitation : il parait qu’elle rapportera 50 000 € de moins que prévu. Là encore, est-ce la faute de l’Etat ou des familles arcisiennes ? Bien sûr que non, mais on a compris que cette équipe est incapable de bâtir un budget de façon sérieuse sans avoir à y revenir deux mois plus tard.
L’adjoint aux finances conclut son intervention par ces mots : « Les familles ont vu leur facture diminuer énormément et un p’tit peu trop ». Le maire ajoute alors : « C’est une légère augmentation… comme on l’a dit … à Saint-Cyr les augmentations peuvent aussi bien être de 350 et 1000% » Une « légère augmentation » ? On verra ce que les familles en penseront à la rentrée.
C’est ensuite Jocelyne Hannier, ancienne adjointe de Claude Vuilliet chargée du scolaire, qui est intervenue au nom du groupe d’opposition (qui a bien entendu voté « contre » ces tarifs).
- Elle a fait part de son indignation devant des hausses aussi scandaleuses quand l’augmentation de l’indice INSEE des prix à la consommation est de 0,3% depuis janvier 2015. Certains tarifs augmentent de plus de 50%, notamment pour la tranche la plus faible, ce qui va mettre les familles en difficulté. Que se passera-t-il si elles ne peuvent pas payer ?
- Elle a demandé pourquoi la commission « réussite éducative » n’avait pas été réunie, ce qui est la règle dans un fonctionnement démocratique. Aucune réponse n'a été apportée.
- Elle a souligné que les familles n’étaient même pas prévenues avant les vacances et qu’elles auraient donc la « bonne surprise » seulement fin septembre avec la première facture.
- Elle a enfin interpellé les conseillers municipaux, particulièrement silencieux, sur leur responsabilité personnelle lors de ce vote. A noter que l’adjointe au scolaire n’a pas dit un mot durant tout ce débat. N’approuverait-elle pas ces augmentations ?
Evidemment, cette intervention n’a pas plu au maire, qui a multiplié les remarques méprisantes :
- « Vous êtes agressive…vous êtes mal conseillée en tous cas, je ne vous connaissais pas comme ça »
- « Vous êtes un peu énervée… ça doit être la chaleur »
- « Vous avez fait vos effets de manche, c’est très bien… vous avez mis de la passion, c’est très bien… parfait… c’était très bon »
- « Parlez, allez-y… Vous sur jouez, madame Hannier, mais c’est pas grave… vous sur jouez »
- « ça devient pénible »
- « Vous êtes dans l’opposition d’ailleurs… quand on est dans l’opposition, on est toujours beaucoup plus honnête que quand on était dans la majorité… Quand on est de l’autre côté de la barrière, on est beaucoup plus juste et beaucoup plus démocrate ». (Se rend-il compte des implications de ses propos quant à son propre exercice de majoritaire ?)
Le maire va même jusqu’à mettre en doute les propos que lui prête Jocelyne Hannier, propos tenus pourtant un peu plus tôt durant le conseil : « Là on n'a pas mesuré le danger… je ne pense pas avoir parlé de « danger », vous avez encore fabr… fait un verbatim qui est peut-être encore approximatif »… eh non, il l’a bien dit : voir plus haut.
Et quand une autre conseillère d’opposition, Martine Arnal, demande la parole, le maire lui lance : « Mme Arnal… on continue dans le même ton théâtral », alors qu’elle n’a encore strictement rien dit. Un vrai démocrate, on vous dit ! Cela n’empêchera pas Martine Arnal d’avertir le maire des dangers de ses décisions : certaines familles laisseront leurs enfants à la maison ou dehors, étant dans l’incapacité de payer aussi cher.
Puis c'est au tour de l’adjoint aux finances de s’en prendre à Jocelyne Hannier : « Mme Hannier, vous êtes pas calme, ce soir. C’est normal, on ne va pas vous demander en plus d’être contente…on augmente les tarifs, c’est normal, vous jouez votre rôle, vous n’êtes pas contente, vous sur jouez, c’est normal (…) Nous, nous sommes des gens adultes et responsables qui avons une mairie à gérer ».
Il est vraiment dommage, une fois de plus, que les débats du conseil ne soient pas diffusés en ligne sur le site de la ville… cela nous changerait des célébrations permanentes à la gloire du maire, avec centaines de photos à l’appui.
Ajoutons pour conclure qu’il y avait également à l’ordre du jour un projet de délibération pour « demande de fonds parlementaires pour création d’une stèle commémorative dédiée à Alberto Santos-Dumont ». Cette stèle va coûter entre 15 000 et 20 000 euros et il n’est pas certain que l’aide parlementaire soit accordée. Le maire a même insisté sur le fait que l’actuel député n’a répondu pour l’instant à aucune demande de ce type. C’est donc la Ville qui aurait alors à sa charge la totalité de cette somme. L’opposition a refusé de voter cette délibération, considérant que cette dépense était superflue au moment où l’on vote une telle augmentation des tarifs.
Il faut bien reconnaître qu’après tout ce qu’on a entendu durant ce conseil sur les finances de la Ville, une dépense de 20 000 € pour célébrer un aviateur (certes de premier plan) qui a séjourné à Bois d’Arcy il y a plus d’un siècle, c’est discutable. L’adjoint aux finances a attaqué l’opposition en déclarant qu’il était temps qu’on s’occupe du « patrimoine historique » de la ville, ce qui n’aurait pas été fait auparavant, selon lui… On croit rêver !
Dans tous les cas, on peut constater qu’il y a des secteurs où les économies ne sont pas de rigueur : c’est vrai pour cette stèle, qui fera l’objet d’une commémoration comme le maire les aime tant, comme pour la communication en général. Pensez qu’au moment où l’on matraque les familles, le maire fait distribuer dans toutes les boîtes aux lettres une « Lettre du maire »… qui n’est qu’un tract publicitaire pour Maxicours, reprenant des informations déjà données dans le magazine municipal. Quelle énergie pour ce site bien connu, et depuis très longtemps, par le maire (voir articles du 22 mai et 4 juin sur ce blog).
Ce n’est pas tout : les Arcisiens ont eu la surprise d’être appelés au téléphone le 2 juillet dernier… par le maire de Bois d’Arcy en personne. Il s’agissait d’un message enregistré pour prévenir des dangers de la canicule… Là encore que de dépenses pour des informations largement diffusées… jusqu’au niveau national. Mais pour la communication, on ne compte pas : soyez certains que ce budget ne diminuera pas l’année prochaine alors qu’on lui a déjà beaucoup donné depuis plus d’un an.
10:50 Publié dans Conseil municipal

